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Crises d’angoisse : les 7 erreurs à éviter

Face à une crise d’angoisse, certains réflexes peuvent aggraver la situation plutôt que l’apaiser. Éviter ces 7 erreurs courantes vous aidera à mieux gérer ces épisodes intenses et à retrouver plus rapidement votre calme.

Les principales erreurs à ne pas commettre lors d’une crise d’angoisse sont :

  • Minimiser ou ignorer ce qui se passe
  • S’isoler et ne pas en parler
  • Se laisser submerger par les pensées négatives
  • Rester passif en espérant que ça passe tout seul
  • Lutter contre les symptômes physiques
  • Respirer trop rapidement (hyperventiler)
  • Compter uniquement sur les médicaments

Comprendre la crise d’angoisse : définition, symptômes et causes

Une crise d’angoisse se caractérise par une montée soudaine et intense de peur ou de malaise, atteignant généralement son pic en quelques minutes. Elle s’accompagne d’un ensemble de symptômes physiques et psychologiques particulièrement désagréables.

Les manifestations physiques peuvent inclure :

  • Des palpitations cardiaques ou une accélération du rythme cardiaque
  • Des sueurs
  • Des tremblements
  • Une sensation d’étouffement ou de souffle coupé
  • Des douleurs ou gênes thoraciques
  • Des nausées ou troubles digestifs
  • Des vertiges, sensations d’évanouissement
  • Des picotements ou engourdissements

Sur le plan psychologique, la personne peut ressentir :

  • Une peur intense de perdre le contrôle
  • L’impression de devenir fou/folle
  • La peur de mourir
  • Une sensation d’irréalité (déréalisation) ou de détachement de soi (dépersonnalisation)

Ces crises résultent d’une activation excessive du système nerveux autonome. Bien qu’elles soient extrêmement inconfortables, elles ne présentent pas de danger vital. Leur durée varie généralement de quelques minutes à une demi-heure.

Plusieurs facteurs peuvent déclencher ou favoriser ces crises :

  • Une prédisposition génétique
  • Le stress chronique ou aigu
  • Des traumatismes non résolus
  • Certains environnements (foules, espaces clos, hauteurs)
  • La consommation de substances stimulantes (caféine, alcool)
  • Des déséquilibres hormonaux ou troubles physiques sous-jacents

Comprendre ce mécanisme est la première étape pour éviter les erreurs qui peuvent amplifier ces crises.

Les 7 erreurs à éviter lors d’une crise d’angoisse

1. Ne pas reconnaître ou minimiser sa crise

La première erreur consiste à ignorer les signaux d’alerte ou à minimiser ce qui se passe. Beaucoup de personnes tentent de “faire comme si de rien n’était” quand les premiers symptômes apparaissent.

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“Ce n’est rien”, “ça va passer”, “je dois me ressaisir” sont des phrases que l’on se répète souvent. Cette attitude de déni peut sembler protectrice, mais elle empêche de prendre les mesures nécessaires dès les premiers signes.

Pour les proches, minimiser la souffrance de la personne en crise avec des phrases comme “ce n’est pas grave” ou “calme-toi simplement” peut renforcer son sentiment d’incompréhension et d’isolement.

Que faire à la place : Reconnaître ce qui se passe (“je suis en train de faire une crise d’angoisse”) permet d’activer les stratégies adaptées. Pour les proches, valider l’expérience émotionnelle (“je vois que tu souffres, je suis là”) est bien plus aidant.

2. Ne pas en parler ou se cacher

La honte et la peur du jugement conduisent souvent à cacher ses crises d’angoisse. Cette tendance à l’isolement peut transformer une difficulté temporaire en problème chronique.

Ne pas verbaliser ce qui se passe, que ce soit pendant la crise ou après, prive la personne du soutien dont elle aurait besoin. Le silence renforce aussi l’idée que ces crises sont honteuses ou anormales.

Beaucoup évitent les lieux où ils ont déjà vécu une crise par crainte que cela se reproduise, ce qui limite progressivement leur espace de vie et aggrave l’anxiété.

Que faire à la place : Parler de ses crises à des personnes de confiance aide à briser l’isolement. Expliquer simplement “j’ai besoin d’air” ou “je fais une crise d’angoisse” permet aux autres de comprendre et d’apporter leur soutien. Partager son expérience avec d’autres personnes concernées peut aussi être libérateur.

3. Laisser la “petite voix” négative dominer

Lors d’une crise d’angoisse, notre cerveau produit souvent un flot de pensées catastrophiques : “je vais mourir”, “je ne vais jamais m’en sortir”, “ça va empirer”, “tout le monde me regarde”…

Cette “petite voix” intérieure cherche paradoxalement à nous protéger en nous alertant d’un danger, mais elle amplifie considérablement l’angoisse. Plus on lui accorde d’attention et de crédit, plus elle prend de la place.

Les pensées anxieuses génèrent des émotions négatives qui, à leur tour, renforcent ces pensées, créant un cercle vicieux difficile à interrompre.

Que faire à la place : Apprendre à identifier cette voix comme une partie anxieuse de soi-même, et non comme la réalité. Des techniques comme la distanciation cognitive (“je remarque que j’ai la pensée que…”) permettent de ne pas se laisser submerger. Tenir un journal des pensées anxieuses aide aussi à prendre du recul.

4. Ne rien faire, attendre que ça passe

Beaucoup de personnes espèrent que leurs crises d’angoisse disparaîtront d’elles-mêmes avec le temps. Cette passivité est une erreur fréquente qui peut transformer un problème ponctuel en trouble chronique.

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Sans action concrète, les crises ont tendance à se répéter, voire à s’intensifier. Le cerveau “apprend” à réagir par l’angoisse dans certaines situations, renforçant progressivement ce schéma.

Attendre peut sembler plus facile que d’affronter le problème, mais cette inaction a un coût élevé sur la qualité de vie à long terme.

Que faire à la place : Consulter un professionnel de santé (médecin, psychologue) dès que les crises deviennent récurrentes ou handicapantes. Apprendre des techniques de gestion de l’anxiété et s’engager activement dans un processus de changement. Même de petites actions (s’informer, essayer une technique de respiration) peuvent faire une grande différence.

5. Lutter contre ou fuir les symptômes

Face aux manifestations physiques inconfortables de l’angoisse, notre réflexe naturel est de lutter contre elles ou de les fuir. Cette résistance active produit paradoxalement l’effet inverse de celui recherché.

Plus on combat activement les sensations d’angoisse, plus on leur accorde d’importance et d’attention, ce qui les amplifie. La résistance crée une tension supplémentaire dans le corps déjà en état d’alerte.

La fuite systématique des situations anxiogènes renforce l’idée qu’elles sont dangereuses et qu’on ne peut pas y faire face, alimentant le cycle de l’anxiété.

Que faire à la place : Pratiquer l’acceptation des symptômes sans jugement ni lutte. Observer les sensations avec curiosité plutôt qu’avec peur. S’exposer progressivement aux situations redoutées, idéalement avec l’accompagnement d’un professionnel. Des approches comme la pleine conscience ou la sophrologie peuvent être très utiles.

6. Respirer trop vite ou mal (hyperventilation)

L’hyperventilation est à la fois un symptôme et un facteur aggravant des crises d’angoisse. Lorsqu’on ressent une sensation d’étouffement, le réflexe est souvent de respirer plus rapidement et superficiellement, ce qui crée un déséquilibre gazeux dans le sang.

Cette respiration rapide et peu profonde diminue le taux de CO2 dans le sang, provoquant des vertiges, des picotements, et une sensation accrue d’étouffement – renforçant ainsi l’angoisse dans un cercle vicieux.

L’hyperventilation peut à elle seule reproduire la plupart des symptômes d’une crise d’angoisse, même en l’absence d’anxiété initiale.

Que faire à la place : Ralentir consciemment sa respiration. Pratiquer la respiration abdominale profonde : inspirer lentement par le nez (4 secondes), retenir brièvement (2 secondes), puis expirer lentement par la bouche (6 secondes). Concentrer son attention sur l’expiration, qui doit être plus longue que l’inspiration. Des exercices comme la cohérence cardiaque (5 secondes d’inspiration, 5 secondes d’expiration pendant 5 minutes) sont particulièrement efficaces.

7. Compter uniquement sur les médicaments

Les anxiolytiques, notamment les benzodiazépines, peuvent soulager rapidement une crise d’angoisse. Néanmoins, se reposer exclusivement sur cette solution médicamenteuse présente plusieurs inconvénients majeurs.

Ces médicaments traitent les symptômes mais pas les causes profondes de l’anxiété. Ils peuvent créer une dépendance physique et psychologique, avec des effets secondaires non négligeables (somnolence, troubles de la mémoire, risque accru de chutes chez les personnes âgées).

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Après l’arrêt du traitement, les crises reviennent souvent si aucun autre travail n’a été effectué en parallèle.

Que faire à la place : Envisager une approche globale combinant, si nécessaire, un traitement médicamenteux temporaire avec un accompagnement psychologique (thérapie cognitive et comportementale, EMDR, sophrologie). Travailler sur l’hygiène de vie (sommeil, alimentation, activité physique) et apprendre des techniques d’autorégulation émotionnelle pour une solution durable.

Autres erreurs fréquentes à éviter dans la gestion des crises

Au-delà des 7 erreurs principales, d’autres comportements peuvent compliquer la gestion des crises d’angoisse :

Pour la personne qui vit la crise

  • Se forcer à “penser positif” pendant la crise – cette injonction crée une pression supplémentaire et un sentiment d’échec si on n’y parvient pas
  • Se comparer aux autres qui semblent gérer leur stress sans difficulté apparente
  • Consommer des substances stimulantes (café, alcool, nicotine) qui peuvent déclencher ou aggraver les symptômes anxieux
  • Négliger l’impact du sommeil – la privation de sommeil augmente considérablement la vulnérabilité aux crises
  • Consulter excessivement internet pour rechercher des informations médicales, ce qui peut alimenter l’anxiété

Pour l’entourage

  • S’affoler ou paniquer face à la personne en crise, transmettant ainsi sa propre anxiété
  • Envahir l’espace personnel sans consentement, ce qui peut accentuer le sentiment de perte de contrôle
  • Critiquer ou juger les réactions émotionnelles (“tu dramatises”, “ressaisis-toi”)
  • Donner trop de conseils pendant la crise, quand la personne n’est pas en état de les intégrer
  • Éviter d’aborder le sujet après la crise, renforçant l’idée que c’est tabou ou honteux

Éviter ces comportements permet de créer un environnement plus favorable à la gestion et au rétablissement après une crise d’angoisse.

Conseils pratiques pour mieux gérer et prévenir les crises d’angoisse

Pour transformer les erreurs en solutions, voici des stratégies concrètes et efficaces :

Pendant la crise

  • Technique 5-4-3-2-1 : Nommez 5 choses que vous voyez, 4 que vous pouvez toucher, 3 que vous entendez, 2 que vous sentez et 1 que vous goûtez. Cette technique d’ancrage ramène l’attention au moment présent et détourne l’esprit des pensées anxieuses.
  • Exercice du carré respiratoire : Inspirez pendant 4 secondes, retenez 4 secondes, expirez 4 secondes, attendez 4 secondes avant de recommencer. Répétez jusqu’à ressentir un apaisement.
  • Stimulation sensorielle : Tenez un glaçon dans votre main, sentez une huile essentielle apaisante (lavande, orange douce), ou pressez une balle anti-stress. Ces stimuli détournent l’attention des sensations de panique.

Exemple concret : Marie, 34 ans, ressentait régulièrement des crises d’angoisse dans les transports en commun. Elle a constitué une “boîte à outils anti-crise” dans son sac : un petit flacon d’huile essentielle de lavande, un enregistrement audio guidant sa respiration, et une liste plastifiée des étapes à suivre pendant une crise. Cette préparation lui a permis de réduire considérablement l’intensité et la durée de ses crises.

Entre les crises (prévention)

DomaineActions préventivesBénéfices
Physique30 minutes d’activité modérée quotidienne
Réduction des stimulants (café, alcool)
Routine de sommeil régulière
Diminution du niveau de stress basal
Meilleure oxygénation
Réduction de la sensibilité aux déclencheurs
MentalMéditation quotidienne (10-15 min)
Journal des pensées anxieuses
Lecture ou podcast sur la gestion de l’anxiété
Augmentation de la conscience de soi
Identification des schémas de pensée négatifs
Développement de ressources internes
SocialPartager son expérience avec des proches
Rejoindre un groupe de soutien
Consulter un thérapeute
Réduction de l’isolement
Normalisation de l’expérience
Acquisition de nouvelles stratégies

L’exposition progressive aux situations anxiogènes, idéalement avec l’accompagnement d’un professionnel, permet de désensibiliser le cerveau et de réduire la fréquence des crises à long terme.

Pour les proches, apprendre à être présent sans envahir, à écouter sans juger, et à soutenir sans prendre en charge représente un équilibre délicat mais précieux.

N’oubliez pas que demander de l’aide est un signe de force, pas de faiblesse. Si vos crises d’angoisse sont fréquentes ou handicapantes, consultez un professionnel de santé qui pourra vous proposer un accompagnement personnalisé.